L’éditorial du Président

Mai 2020

Par le Professeur Antoine Magnan, Président-Administrateur du CNCR

« L’hôpital s’est révélé dans cette épreuve, capable de souplesse, de faire bouger les lignes du possible, et la recherche n’a pas été oubliée dans ce tour de force. »

La France, l’Europe, le Monde entier traversent une crise sanitaire d’une grande ampleur depuis déjà plusieurs mois. Le SARS-COV2, en se répandant à travers la planète au gré des flux humains, a mis en difficulté des systèmes de santé déjà fragilisés. Les pays ont élaboré des réponses plus ou moins drastiques, en fonction des besoins et de leurs moyens.

En France, où nos hôpitaux attiraient pourtant depuis longtemps l’attention sur leurs difficultés structurelles, la réaction a été éclatante. Il faut saluer l’engagement des équipes, leur inventivité, leur force. L’hôpital s’est révélé dans cette épreuve, capable de souplesse, de faire bouger les lignes du possible, et la recherche n’a pas été oubliée dans ce tour de force.

Cette période difficile, qui est loin d’être terminée à l’heure où ces lignes sont écrites, restera dans les mémoires pour les trésors de solidarité, d’organisation, de coopération nationale, régionale et inter-établissements qu’elle aura engendré, en soin et en recherche.

La recherche en santé est ainsi devenue rapidement un sujet que le grand public s’est approprié, comme le montrent la fréquentation en hausse du site www.notre-recherche-clinique.fr, le nombre d’articles publiés dans les médias traditionnels nationaux, les # sur Twitter, etc. L’exemple le plus flagrant est la notoriété dont profitent le consortium Reacting, ou encore l’essai européen Discovery.

J’écrivais dans mon introduction au rapport d’activité 2019 du CNCR que 2020 serait une année de transition. Elle le sera, indéniablement. Elle sera également l’année de la prise de conscience pour bien des acteurs de l’enjeu hautement stratégique que représente un hôpital piloté par l’humain, une politique de recherche motivée par l’excellence et le développement. Cette crise aura révélé singulièrement les solutions dont il faudra s’inspirer à l’avenir. L’énergie des équipes de recherche est impressionnante : plus de 123 essais cliniques promus par des CHU[1] et près d’une trentaine promus par les CH[2] ont été autorisés ou sont en cours d’instruction en France. Les procédures d’évaluation ont été assouplies pour accélérer la découverte face à l’urgence, sans jamais déroger aux bonnes règles de recherche clinique. Les solutions existent. Puissions-nous trouver les politiques sur le long-terme.

Mon mandat au CNCR se termine dans très peu de temps et je passerai la main à un doyen de faculté de médecine. C’est encore ici un exemple concret du ciment de la recherche impliquant la personne humaine : le lien Université-Hôpital. Cette nouvelle présidence sera, j’en suis convaincu, un levier supplémentaire pour renforcer la Recherche sur nos territoires.

 

 

[1] Chiffres CRI, 20 avril 2020

[2] Chiffres DGS, https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/coronavirus/professionnels-de-sante/article/liste-des-projets-de-recherche-impliquant-la-personne-humaine-a-visee